la drôle de guerre - 7 - N OEL  posté le vendredi 27 janvier 2012 10:40

Chères amies,

  Je sens que vous êtes impatientes de savoir la suite.....la voici...

        Puis est arrivé NOEL.   Pour lutter contre la tristesse de ce NOEL sans les habituelles visites à toutes les églises de Lyon, sans cadeaux, sans famille...et sans notre rituel Nouvel An...Papa nous a apporté,  bien  emballée sur son vélo, notre crêche aux personnages de cire habillés de tissus, ce n’était pas trop lourd.   Qelle joie de préparer un beau décor de sapins, de mousse et de branchages, joliment arrangé dans un coin de notre très modeste « salle de séjour ». Toutes les connaissances du plateau  sont venues voir la crèche : les deux vieilles demoiselles, les petites Verzier, Mme Sauzay, Mmmes Eparvier  qui n’avaient jamais vu Lyon, et à part la crèche vieillotte de Chavanay, personne ne pensait qu’on pouvait avoir de si jolis personnages et habillés de si beaux satins.

       Et la pèlerine était presque finie,   avec des côtes de chaude laine grise mauve et blanche du plus bel effet, j’en étais très fière, très contente d’ avoir pu la finir à temps.....surtout d’en voir le bout.....7O cms de haut.....Im.6O de tour....Bonne Maman, jalouse regardait s’allonger l’ouvrage.....elle détestait Maria..  Et nous ne reconnaissions plus notre bonne et douce Bonne Maman. Elle n’aimait pas du tout cette vie campagnarde, loin de ses voisins, de ses commerçants, elle voulait retourner à Lyon...

      Moi j’aimais bien cette grand Mère Maria, je m’arrangeais pour lui rendre visite tous les matins. Cette compagnie d’une petite jeune fille la poussait aux confidences, elle se plaignait du grand père, de plus en plus silencieux et inerte. Elle me parlait surtout de ma Tante Marie, modeste, adroite de ses mains, si fière dans son maintien de fille délaissée qui n’a pas pu se marier au garçon qu’elle connaissait si bien, un ami de son frère Pierre...mort en I9I8....et il n’y avait pas beaucoup d’hommes  en France, en 1920...puis est venue « la » maladie » qu’elle trainait depuis I9I8...désespoir...chagrin.. ?.Elle est décédée en 1926.

     Maria me disait chaque jour : «  tu lui ressembles beaucoup... »  Je crois qu’elle l’avait aimée comme sa propre fille...et elle retrouvait en moi, en plus de ses traits la même faculté de se servir de ses doigts.

              Mais....attendez...tout va changer.... Laissez passer le W.End, et je reviendrai   juste après ....

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La drôle de guerre - -6 -  posté le mercredi 25 janvier 2012 19:41

Ce matin, bien tranquille à la maison en attendant mes enfants, j'ai écrit la suite de mes histoires de 1939...et comme je vois que Jupiter est plein de bonté pour moi, je me hasarde à faire de nouveau un copier/coller.....

Décembre I939

       Puis la neige est tombée en lourds flocons, froide, épaisse...puis le thermomètre est descendu jusqu’à moins 27. Les vignes ont souffert, et nous aussi. Maman disait que c'était comme en 1917...Dès qu'il y a une guerre »

La toute menue Simone de 10 ans grelottait tant,  que Maria l’a gardée chez elle tout le temps de ce grand froid.car un matin en  arrivant tout en bas au village elle a été dans l’incapacité de faire un pas de plus, je l’ai emmenée chez le premier commerçant trouvé, pour la réchauffer, elle était quasi morte de froid !

      Quand Papa revenait avec son vélo, courageusement, il le laissait en bas chez Maria. Il nous apportait des journaux :  On demandait à la population de tricoter des gants et des chaussettes pour les soldats qui grelottaient sur le « front », où rien ne se passait . Rien ! Que quelques escarmouches pour essayer le matériel...Pareil de l’autre côté du Rhin.  Les soldats réclamaient des ballons de foot pour se distraire, des jeux de cartes...ou bien Papa nous contait les ragots de Lyon....les sirènes...les magasins fermés aux vitrines couvertes de papiers collés, les tranchées habitées par les clochards pour se préserver du froid .   Il fulminait ! «  Il fait trop froid...  « Ils » vont attendre le printemps » ...ou bien, philosophe : «  « Ca finira en queue de poisson »  ou bien  «  On finira bien par s’entendre avec les Allemands »..

Oui, mais il y avait  Hitler...on ne l’oubliait pas...

   Papa avait enfin trouvé du travail à mi-temps dans une usine à Villeurbanne qui fabriquait des pièces pour les avions  , c’était peu, mais c’était bien : Papa avait retrouvé le sourire, bien que ce travail ne le satisfaisait pas du tout.

       Bonne Maman de plus en plus dépressive demandait à Papa : «  Pierre...si vous étiez un bon gendre vous m’apporteriez mon poste de TSF, je m’ennuie sans lui »...

Papa : Mais Mère, ce n’est pas possible, ni en train, ni à vélo, c’est fragile un poste, les lampes seraient fichues...et puis comment le monter jusque là ! Il arriverait en quel état, c’est lourd un poste ! »

Bonne Maman : « Tout de  même Pierre, vous pourriez bien  faire ça pour moi... ! On ne m’aime pas, dans cette famille ! »

Papa était excédé par ce manque de logique, maman  le calmait...J'étais triste, mes amies me manquaient...nous nous écrivions. Elles se demandaient pourquoi nous ne revenions pas à Lyon.....Papa ne voulait pas.  cela rendait Maman,  et Jeannine, malades, nerveuses comme c'est pas possible! Simone et moi nous nous étions habituées, comme tous les Lyonnais...mais...

A très bientôt     M.L.

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Interlude...2oI2  posté le mercredi 25 janvier 2012 10:34

Blog de meregrand :LES NEIGES D'ANTAN, Interlude...2oI2

Chères amies,

     J'ai intitulé ce petit billet "interlude", il me servira à réponbdre à vos commentaires, puisque "BLOGSPACE", malgre ce mot de passe bien connu, efface toutes les réponses que je vous fais, par habitude et par plaisir. Je ne cherche même pas à comprendre pourquoi cette fantaisie de ce serveur.

   J'ai fini tout mon courrier de NOEL et de Bonne Année et je vous fais partager mon plaisir au reçu de toutes ces cartes, sans compter les coups de fil !

Réponses à vos derniers commentaires ; Ma petite soeur Jeannine a eu cette large blessure à la tempe..nous avons eu très peur.

Zouzou : C'est parfois difficile d'être l'aïnée. 
Mes parents m'ont toujours fait confiance, et mes petites soeurs en ont souvent pris ombrage.....je vous en reparlerai quand viendra mon mariage...

A très bientôt pour la suite de cette fin d'année I939....je vous embrasse M.L.

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la drôle de guerre - 5 -  posté le dimanche 22 janvier 2012 16:40

Me revoici....la photo est en place, je peux continuer...

     En cet automne radieux, notre promenade de prédilection c’était d’aller dans cette ferme au pied de la Madone, statue érigée depuis le temps de la Marine à voile sur le Rhône pour protéger les marins de la violence du fleuve. Cette ferme était la même qu’au I8ème siècle avec son pétrin ou l’on faisait encore du pain,  son immense four, ses lits à courtines, et ses animaux aux croupes croûtées d’écailles de fumier désséché, et le fameux cochon boueux jusqu’aux oreilles, pataugeant dans son auge pour en lécher les dernières gouttes de nourriture... !

      Ah ! Nous étions bien loin de notre appartement douillet ! Maman ne disait rien, mais je voyais sombrer son moral peu à peu,  beaucoup à cause de Bonne Maman qui perdait tout sens commun...et Jeannine ! Un problème cette enfant.!    Un  jour, elle a rendu Maman presque folle, et ma grand mère au bord de la syncope ! Jeannine  n’était pas une enfant sage comme nous l’avions été...Un soir Maman l’appelle pour aller au lit...Comme le chien de Jean de Nivelle, elle court à l’autre bout de la pièce à toutes jambes, bute sur le sol inégal et va s’écraser sur l’angle du mur d’en face : une blessure de 4 cms de long qui saignait à flot. Simone s’en souvient...moi je cherchais partout de quoi faire un pansement solide, nous avions peu ce choses, J’ai déchiré des drap, Maman ne savait comment arrêter cette hémorragie...enfin au bout de longues minutes la petite calmée, le pansement bien serré, le sang a cessé de couler...Voir un Docteur ?... où aller le chercher ?....passer une radio ? ...ce n’était pas la mode.

      Mais nous étions dans un coin perdu, loin de tout. Il fallait se débrouiller seules, sans téléphone, dans la nuit noire, Bonne Maman disait ses prières à genoux avec Simone,  Maman effondrée et Jeannine enfin calmée...elle a dormi toute la nuit. Elle avait perdu tant de sang que  l’on se réveillait pour voir si elle vivait encore. Cela a beaucoup ébranlé les nerfs déjà fragiles de Maman.

     Un autre jour, la belle soeur de Maman qui avait de la famille à  Pélussin  est venue nous voir,  en autocar, cela nous changé un peu les idées.... La route carrossable passait assez loin de notre maison au sommet du plateau. Le soir nous avons, reconduit notre Tante là où devait s’arrêter l’autobus...la nuit tombait ...l’autobus ne passait pas...nous avons attendu je ne sais combien de temps : je n’osais pas laisser notre tante seule dans cet endroit qu’elle ne connaissait pas, dans cette nuit noire... Et si ce car ne passait pas ?...je ne pouvais pas non plus aller prévenir Maman que ce car n’arrivait pas, c’était trop loin...Enfin dans la nuit noire, sans lune, le car est enfin arrivé...Heureusement je voyais assez bien la nuit, guidée par les étoiles et les vagues lumières tout en bas vers le Rhône...Nous sommes revenues sans encombres. à la maison..Mais au loin nous avons entendu Maman pleurant en agitant sa petite lampe tempête,  en nous appelant : « Ah mes chéries, où êtes vous ?...Ah vous êtes perdues.... » et c’était affreux à entendre.... « Jamais je ne vous reverrai... :

    .En accourant auprès d’elle nous avons bien cru qu’elle devenait folle, d’angoisse, écrasée par trop d’épreuves.....mais la joie de nous revoir après cette soirée dramatique  a achevé de l’apaiser.

     Enfin nous avons réussi à la calmer, je l’ai assurée que je n’étais plus une petite fille, que je voyais bien même en pleine nuit, et que je ne pouvais pas laisser Jo, la belle soeur, toute seule dans le noir, coucher à la belle étoile, ni la ramener à notre maison....C’est peut-être ce que j’aurais dû faire...mais où la mettre ? J’ai été prise entre deux feux...je n’aurais pas dû écouter ma tante qui voulait retourner à Pélussin à tout prix !Jamais nous n’avions vu Maman, dans cet état !

    C’est depuis ce jour, je crois, j’en suis même sûre, que je me suis jurée d’être la femme forte de la famille, d’assumer mes soucis, de suivre mes idées, de me fier à ma raison,  de la protéger, de la raisonner, de la persuader d’avoir confiance en moi et de l’aider plus tard  à obtenir tout ce dont elle aurait envie.

Maman depuis ce jour m’a fait confiance pour beaucoup de décisions à prendre.

       Pour parachever cette situation d’épreuves, Papa est arrivé complètement découragé : «  Je vais rester avec vous, je ne trouve rien, toutes les usines ferment, il n’y a pas de travail...je vais prendre le vélo et aller ramasser les peaux de lapin.....il parait que ça gagne... »   A peine avait-il fini sa phrase que Maman a retrouvé toute sa raison et a poussé les «  hauts cris »   !   «  Mais voyons Pierre ! Toi un Chef Comptable, tu vas te transformer en « romanichel ? Mais tu perds la tête ? Non, il  n’en est pas question, tu vas trouver du travail, j’en suis sûre ! »

 Ah ! J’avais retrouvé Maman et sa bonne logique !  Papa est reparti, « regonflé », et j’ai pu continuer à tricoter cette pèlerine en paix....car NOEL approchait...

    Mais nos ennuis ne sont pas finis !......suite très bientôt

 

 

 

 

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la drôlke de guerre - 4 -  posté le dimanche 22 janvier 2012 16:25

Blog de meregrand :LES NEIGES D'ANTAN, la drôlke de guerre  - 4 -

Chères amies...me voici à peu près rétablie...Je ai  écrit un long texte aujourd'hui, mais comme Jupiter me fait des misères, je mets la photo d'abord. C'est pour vpus montrer omù nous habitions : C'est tout là haut squr le plateay d'Iserat et si vous pouvez agrandir cette photo vous verrez la Madone et sa statue pointue.....Je vais faire un  copier/coller...et je reviens pour la suite.

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